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Marché de Lerme, Bordeaux Exposition collective du 27 au 29 janvier 2012
avec :
Marie Baur & Julien Rucheton, Sylvain Bourget & Jeanne Tzaut, Joan Coldefy & Amandine Pierné , Marie-Johanna Cornut, Vanessa Ingrand & Marie Morel, Estelle Deschamp & Benoît Ménard, Julien Tardieu & Nicolas Robilliart.
La trame, ou tout autre système de subdivision du terrain métropolitain fixant les limites maximales des îlots, définit un archipel de «villes dans la ville». (...) Au sein de l’archipel métropolitain, chaque gratte-ciel, en l’absence d’une véritable histoire, élabore son propre « folklore » instantané. Rem Koolhaas, extrait de New York Délire, 1978
La grille géométrique tracée au sol du nouveau Marché de Lerme a conditionné la trame générale de cette exposition. Divisée en six portions de taille égale, l’exposition Parade se présente sous la forme de six propositions, six îlots voisins doués d’une autonomie propre. Chaque îlot est investi par une équipe de deux ou trois artistes dont les pratiques artistiques différentes coexistent au sein de cet espace circonscrit. De cette cohabitation stylistique et plastique découle la constitution de chaque bloc : ses composants, sa forme générale et son mode d’organisation interne.
< Marie Baur & Julien Rucheton
▲ Le Territoire polystyrène extrudé, peinture, pvc, pierre reconstituée et carton, 2012
«Le jardin vaut pour l’Éden, pour le monde, il en est un fragment total qui tient l’univers tout entier dans son petit enclos.» Petit traité du jardin ordinaire, Anne Cauquelin
Une érection architecturale domine un lopin de terre, une parcelle complexe et escarpée faite de plis et de replis, de crevasses et de massifs. Sous certains points similaire aux plans reliefs qui apparaissent à partir de la renaissance en Europe, Le Territoire peut s’envisager comme un paysage habité en réduction. Un fragment saisi à l’emporte pièce sur des terres inconnues qui restent à imaginer.
< Sylvain Bourget & Jeanne Tzaut
▲ D#1 techniques mixtes*, 2012. *: avec la participationdes oeuvres suivantes : Troncs Étalons, SB, 2011 ; Wheelchair Dance, SB, 2010 ; Sea Orbiter, JT, 2011 ; Échaffaudage, JT, 2011 ; Têtes de chat, JT, 2007.
D#1 – dispositif numéro un – a été conçu comme une structure/sculpture capable d’accueillir un ensemble d’oeuvres qui par juxtaposition d’échelles, de plans, nous permet la construction d’un espace à part entière et la rencontre entre deux démarches. Bloc composé de différents volumes, ce dispositif permet aux pièces présentées de dialoguer, les Sea orbiters de Jeanne Tzaut côtoient les Troncs étalons de Sylvain Bourget tandis qu’une tête de chat apparaît au premier plan de la vidéo Wheelchair Dance...
< Joan Coldefy & Amandine Pierné
▲ SHOWTIME ! techniques mixtes, 2012
Showtime ! est une pièce réalisée à plusieurs mains, composée d’éléments individuels mais conçus sur le mode du dialogue. Des figures simples évoquant de manière croisée différentes visions eschatologiques. L’ensemble créé prend la forme d’une procession de propositions qui incarnent des fantasmes prophétisant la fin du monde. Une ronde qui, par l’interaction mise en place, en présente en quelque sorte le programme.
< Marie-Johanna Cornut, Vanessa Ingrand & Marie Morel
▲ Encore une fois un sans titre possible bois, matelas, terre glaise, 2012
Il est question de couches et de strates dans cette proposition. Par un protocole simple, Encore une fois un sans titre possible est une organisation d’éléments hétérogènes se constituant d’une sélection de 3 pièces préexistantes (Encore une fois de Marie-Johanna Cornut, Sans titre de Marie Morel et Un possible de Vanessa Ingrand). Envisagées comme des matériaux de travail, les éléments qui composent ce trapèze sont fragmentés en surfaces géométriques ou non. Découpé, plié, poncé, peint… le tout s’entrecroise et s’entremêle dans une anarchie maîtrisée dont le dessein est de faire émerger une construction. Construite telle une peinture, la composition de cet îlot, surgit de la fusion ou non des éléments qui la construisent. A la manière du push and pull développé par Hans Hoffmann les éléments colorés associés sont vus comme se repoussant ou s’attirant. Chaque élément fonctionne comme l’indice d’un chemin à suivre. Le résultat, hybride et expérimental, nous fait perdre nos repères selon où l’on se place.
< Estelle Deschamp & Benoit Ménard
▲ Troposphère XII, The holy wreck from Kinshasa peinture et matériaux divers, 2012
Cette collaboration entre Estelle Deschamp et Benoît Ménard prend comme point de départ un parti pris fictionnel. À l’instar des rites millénaristes du culte du cargo, cette sculpture empruntant à l’esthétique de l’aérospatiale et du rituel cherche à évoquer de manière hypothétique la chute d’un module lunaire au sein d’une tribu reculée. Constituée d’éléments faisant aussi bien appel à la géométrie aérospatiale qu’à l’idée d’une fragilité et d’une précarité affirmées, cette sculpture a été envisagée comme un agencement méticuleux de divers matériaux où les rapports de couleur et de texture se confrontent et s’harmonisent au sein d’une composition faussement chaotique. L’idée de simulacre se mêle à l’esthétique de l’accidentel par le biais des techniques propres à la peinture et à la sculpture ; celles-ci visant à interroger des notions d’acte, d’intention et de geste, communes aux médiums respectifs des deux artistes.
< Nicolas Robilliart & Julien Tardieu
▲ Un husky qui aurait pu être un coucher de soleil, une plancha dans une paillotte ou la pochette du dernier album de Rihanna techniques mixtes, 2012
Julien Tardieu et Nicolas Robilliart partagent un intérêt commun pour les notions de luminescence, de radiation et de vibration colorée. Ils ont tenté ici d’élaborer un ensemble à la structure simple et brute. Julien Tardieu s’intéresse à la couleur et à son pouvoir évocateur dans des compositions gratuitement formalistes détournant ainsi le fameux adage de Frank Stella : « What you see is what you see ». Nicolas Robilliart, quant à lui, peint des clichés en employant les techniques impressionnistes avec des couleurs industrielles fondamentales ou fluorescentes. Des photographies prises lors de vacances ou autres déplacements sont surcontrastées et saturées afin de provoquer une sensation de radiation propre à la toile, une peinture nucléaire en quelque sorte.
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