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BENOIT

MÉNARD

Vit et travaille à Bordeaux

Ce que convoque Benoît Ménard, c’est une étrange constellation. Des formes, des couleurs et des actions s’affrontent, se bousculent et même se contredisent pour produire une présence éclatée, troublante et composite, faite de propositions contiguës, mais indépendantes les unes des autres, donc non fondues.
Loin de n’être qu’un univers chaotique où l’accidentel semble tenir lieu de logique, cette constellation se livre aux échos, récurrences, correspondances, superpositions et collisions du modernisme et de la tradition, de la culture savante et de la culture populaire, et se présente à la fois comme l’expansion d’un centre vers une périphérie, et comme la concentration de cette périphérie dans le centre.
La peinture occupe ce centre, et la périphérie se constitue des ramifications dans d’autres registres, d’autres possibles. Benoît Ménard pratique ainsi la sculpture, l’installation et la vidéo, mais ne cesse d’approcher, d’interroger, d’excéder la peinture.

Un tondo réalisé avec un insecticide aux phéromones sexuelles évoque, mine de rien, une oeuvre de pollen de Wolfgang Laib et nous plonge dans un vertigineux exercice de méditation. Le bleu Klein se frotte à la question compacte du mur et se transforme en une fluide incrustation vidéo pour effets spéciaux. Une monumentale clé pour châssis désancre l’espace et suggère sa dérive.
Un prénom qui identifie une catastrophe climatique s’impose comme signature d’une matière rugueuse et moteur d’un imaginaire aux multiples entrées et ressources. L’assemblage échevelé de baguettes de châssis se situe entre le branchage forestier et la toile d’araignée. Des fragments de toiles sur roulettes intègrent la mobilité et l’inachèvement dans le « faire tableau ». Le goutte-à-goutte qui corrode peu à peu la pyramide de paracétamol fait coexister les attraits et les désenchantements pourtant opposés de l’effervescence et de l’effacement.

Cette souplesse dans la gestion des directions et des techniques permet de gérer les conséquences et les ressources d’un morcellement, et des écarts, des télescopages et des agitations qu’il engendre. La peinture, ainsi activée selon diverses modalités, s’ouvre tour à tour à la singularité d’un terrain d’investigation, de jeu et de redécouvertes.
Benoît Ménard s’approprie certains aspects de l’héritage, mais tout en prenant conscience des usures, et sans oublier les atouts des expériences plus récentes. L’intérêt de sa démarche repose sur une capacité à ne pas se laisser enfermer par la nécessité du respect ou de la transgression des règles et des genres. Elle tient également à cette énergie, à cette volonté rigoureuse qui n’exclut pas une dimension ludique de s’arracher aux impasses pour retrouver de nouveaux élans.

Didier Arnaudet

 

 



 

Menard, 2009
(Mandala anamorphique anti-nuisible)
Raticide bleu, raticide rose, 500 x 350 cm
Vue de l’exposition Jeune Création 2009, Le 104, Paris

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Solaris, 2010
Dispositif d’éclairage aléatoire, portique,
Cadran solaire analemmatique, 500 x 320 x 270 cm

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Le chef d’oeuvre inconnu, 2009
Wall painting
Acrylique d’incrustation vidéo pour effets spéciaux, ref. bleu Klein, 462 x 192 cm

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La pyramide (‘320 000 mg’), 2010
Sculpture évolutive
Paracétamol & dispositif goutte à goutte, Miroir, socle, 20 x 20 x 16,5 cm
Vue de l’exposition/cabaret MoBarnum

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La clef, 2009
Contreplaqué scandinave, 265 x 122,5 x 10 cm

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Sentimento (Mandala anamorphique antinuisible II), 2009
Raticide bleu, raticide rose, 230 x 250 cm
Vue d’atelier (résidence Pollen, Monflanquin)

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Sans titre (Tondo-Smiley), 2009
Poison insecticide aux phéromones sexuelles & liant sur tondo en médium
130 cm de diamètre

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TITIEN’S STRATES SERIES, 2007/2009
Huiles sur toiles, pupitres acier, cartels, 111 x 73 cm chacune
Vue de l’installation
Exposition Jeune Création 2009, Le 104, Paris

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Slayer Layer (Mandala anamorphique antinuisible III), 2010
Raticide bleu, raticide rouge, néons, 340 x 280 cm
Vue de l’exposition Taste Statement, Galerie Zirkumflex, Berlin

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White Hole, 2010
Terre, peinture aérosol, 220 x 220 x 155 cm
Acryliques sur bois, 120 x 20 cm, 100 x 10 cm /2

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La Montagne Sainte, 2010
35 kg de paracétamol, dispositif brumisateur, socle/scène, acrylique, médium, cocotier plastique
Vue de l’exposition/cabaret Ghost Track, Espace d’art contemporain de Royan

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Ibiza Clubbing, 2005/2007
Série de 4 huiles sur toiles :
-Amnesia, 46 x 33 cm
-Privilege, 46 x 65 cm
-El Divino, 46 x 38 cm
-Space, 46 x 38 cm

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Le trophee, 2009
baguettes de chassis en kit, dimensions variables

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DISASTERS SERIES
Omar : Fear of the dark,
2009
Wall Painting
Peinture au goudron (protecteur insonorisant pour bas de caisse automobile et coque de bateau), 559 x 300 cm

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DISASTERS SERIES
Somewhere in time, 2009
gesso sur couverture de survie, 140 x 220 cm

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Dislocation of my workspace location, 2009
Quadriptyque mobile
Huiles sur toiles & roulettes, 40 x 40 cm /4

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Surveillance, 2006
Huile sur toile, 81 x 65 cm

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>Somewhere in time