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VANESSA

INGRAND

Vit et travaille à Bordeaux

 

"J’interroge la production et la valeur du travail, à chaque fois de manière différente.
En imaginant des stratagèmes pour produire, j’essaie, que ça soit très simple, jusqu’à l’illogisme, l’absurde, de faire du rien. Mais c’est toujours quelque chose. Du peu, de l’immatériel. Une implication minimum. J’ai besoin de rire parce que j’angoisse à l’idée de produire. On peut tout produire, mais ensuite il faut le montrer, le distribuer, l’exposer, le poser. Ce moment est violent et angoissant parce qu’il limite la production. Une chose imaginée est plus vaste qu’une chose à laquelle on a donné une forme visible ou audible... Juste le point, le moment où l’évènement, l’action se produit et ce qu’il y aurait après serait déjà en trop. Tant que l’évènement n’a pas eu lieu, il est possible, il est en puissance. Après, c’est trop tard. Mon rire n’est pas un rire libérateur éloigné d’un humour fin et retenu. Ce n’est pas non plus un rictus ironique qui se sent supérieur. C’est plutôt un sourire, les prémisses d’un rire.
Paradoxe.
Le visible est une limite pourtant je donne à voir. Je me mets dans un état de difficulté à travailler pour réussir à produire. Je provoque le manque pour continuer à désirer. J’utilise les petites énergies que produit mon corps. J’utilise les énergies des autres. Je me fabrique «des bonnes conditions» de travail qui se transforment souvent en difficultés."

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Don du Camion Perav à Perav Prod pour l'Orbis Picture Show à Nantes.